LIVRE D'OR

Ce Livre d'or appartient à Anou Skan




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Nom :
Marie S (marie.xxxx@yahoo.fr)
Date :ven. 28 janv. 2011 22:41:29 CET
Sujet :Entrepatrie
 

Anou Skan
Deux Anges
Anou Grâce absolue
Skan Force de la Sagesse
Ils glissent sur le temps, l'espace et le silence
Mémoire de l'Homme
Dans le coeur de l'Homme
De leurs gestes se répandent la semence d'Amour
Le quotidien se sublime
En toute simplicité !

Merci

 
 
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Nom :
Virgile (xxx@yahoo.fr)
Date :sam. 10 nov. 2007 22:55:58 CET
Sujet :Voyage de Cûmes
 

Le temps qui passe si près que ça fait du vent.
Alors ce soir, m'asseoir une seconde, et vous dire merci, pour le
voyage aux rivages de Cumes.
Pour le Chant à cinq voix.
Et six avec Virgile.
Et sept avec "Mon grand-père."
Laissez moi vous dire merci,
Il s'agit d'une intelligence du sensible, un regard de poésie, un
pressentiment de la joie.
Il y a des ressacs, des coups de vents imperceptibles, des
broussailles, des parfums de myrte et de cyste, des farandoles
heureuses, des ombres au soleil, des processions, des sidérations, des
endormissements, des roucoulements d'amour, des envols à tire d'aile,
et tant d'instants improbables, de précisions, d'étonnements,
d'évidence du nouveau, de chemins ouverts, et de musiques, ivres de
vents immobiles.
Je poursuis mon chemin et, comme les caravanes parallèles du désert,
nos routes convergeront bientôt, je vous retrouverai à la halte, et
nous embarquerons pour Cumes.
Amitiés.

 
 
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Nom :
Sarah (xxx@yahoo.fr)
Date :sam. 10 nov. 2007 22:52:26 CET
Sujet :Chant VI – Etape du 17 Octobre 2007
 


D’abord ce texte. Dès les premières phrases…drôle de sensation comme un cheval sentant l’écurie et qui se met à galoper. Ce texte, que j’ai traduit, étudiante, vers après vers, ensuite à chaque nouvelle année scolaire surveillant les tâtonnements des élèves. Il m’a formée, je crois, il dit tout ce qui fait battre le cœur des humains : l’aventure en terre inconnue ; la tentation et la peur de la mort ; le taraudant besoin de connaître son futur ; l’amour passion, l’amour blessé ; les territoires imaginaires.
Comment réagiront les spectateurs, ceux qui n’ont pas été les familiers de Virgile ?

Je m’appuie sur le déroulement du poème, je récite dans ma tête certains de ses vers en latin, je me rassure, je peux regarder…
Je vois trois personnages de dos, deux femmes et un homme. Comment est-ce que je devine femme, homme ? La tenue du corps sans doute, les cheveux… J’écoute et je regarde, je comprends qu’il faut les accompagner dans la lenteur de leurs allées et venues, celles d’un très long voyage.

Les manteaux : pourquoi ne s’en débarrassent-ils pas très vite ? Comment peuvent-ils avancer, tourner, courir, tomber et se relever avec ce vêtement si lourd, inhabituel, pas du tout retaillé, réinventé pour la scène ? Pas une coquetterie d’image cinématographique qu’on va abandonner très vite pour retrouver la légèreté du corps dansant. Mais une peau engonçant toutes les autres, une charge qu’on se trimballe comme on se coltine sa vie, une pesanteur, celle qui effrayera Charon chargeant Enée dans sa barque.
Alors quand ils les laissent tomber et qu’ils s’en servent pour avancer comme d’un pont, d’une route de planches et de branches pour traverser des précipices de vertige et des déserts arides, on devine la métaphore de ce long voyage intérieur, commencer à se dépouiller, avoir un corps plus léger, un esprit plus aguerri. Le texte à ce moment-là dit : « Ils allaient obscurs dans la nuit solitaire », évoque la lumière incertaine de la lune entre les nuages. C’est très beau parce que la métaphore de l’écriture et celle de la danse qui rend sensible l’interminable de la descente et du dépouillement ne coïncident pas mais se complètent.

Les cordes : très blanches, souples. Les danseurs les utilisent pour dessiner des « maisons » sur le plateau de la scène comme les anciens découpaient des carrés dans le ciel. Les cordes dansent avec les corps, chaque danseur lui donne une forme, au sol, puis l’efface. Et puis il y a ce moment très fort où l’alignement des trois cordes suggère les quadrilatères de trois tombes. Les danseurs s’allongent dans ce qui sera la demeure définitive à la mesure de chaque corps et se relèvent, se laissent tomber et se relèvent… Le voyage n’est pas achevé, la vie continue à battre le rivage. La mort n’est jamais définitive. Enée reviendra du voyage.

La rencontre de Didon et Enée : une corde tressée, épaisse les relie, face à face, se tournant le dos, à genoux, Une épure à la pointe sèche, un homme, une femme, l’impossibilité de se toucher, de se rapprocher, de pleurer, de crier, juste la tension de ce lien entre eux qui ne mollit pas, ne s’abandonne pas, et le texte occupe tout l’espace que leurs corps si droits, irréconciliables, silencieux, dessinent dans leurs efforts pour se rencontrer et s’éloigner aussitôt. Magique. Ici le texte et la danse se rencontrent, pour évoquer le même choc, la même souffrance, chaque art avec son écriture singulière.

 
 


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